En Belgique, une grande partie du travail des pompiers consiste à porter secours à des personnes, pas à combattre des flammes. Les interventions comme ambulanciers-secouristes occupent une place centrale dans l’activité des services d’incendie, à Bruxelles comme dans les autres zones de secours. Comprendre le métier de pompier-ambulancier suppose donc de regarder deux parcours qui se croisent: celui du sapeur-pompier et celui du secouriste-ambulancier en aide médicale urgente.
Cet article détaille ce que fait réellement un pompier-ambulancier, comment se déroule la formation de base AMU, ce que valent le brevet et le badge 112, et quelles portes pousser pour candidater, en particulier à Bruxelles.

Un métier tourné vers le secours à personnes
Les missions des pompiers ne se limitent pas à la lutte contre l’incendie. Ils interviennent aussi lors d’accidents de circulation, d’explosions ou d’effondrements, pour de l’assistance technique, et très souvent comme ambulanciers-secouristes. Dans la chaîne de l’aide médicale urgente, l’ambulance constitue le premier niveau de secours: c’est elle qui arrive en premier auprès du patient.
À Bruxelles, ce déséquilibre est assumé et affiché. Selon la page de recrutement des Pompiers de Bruxelles, les services d’ambulance représentent 85 % des interventions. Le reste ne concerne pas uniquement les incendies: une personne coincée dans un ascenseur, un arbre menaçant de tomber ou un nid de guêpes dangereux relèvent aussi des pompiers.
Un point de vocabulaire utile avant d’aller plus loin. Le pompier-ambulancier est un sapeur-pompier qui exerce aussi comme secouriste-ambulancier. Mais l’inverse n’est pas automatique: dans certaines zones de secours, un ambulancier entré en service n’effectue aucune tâche opérationnelle de sapeur-pompier et ne détient pas de grade de pompier. Le métier d’ambulancier peut donc s’exercer sans passer par la filière incendie.
Missions quotidiennes et profil recherché

Le secouriste-ambulancier prend en charge des personnes malades, blessées ou en situation d’urgence. Concrètement, la formation prépare à évaluer et préserver les fonctions vitales, dispenser les premiers secours sur les lieux, conditionner puis transporter la victime vers un site hospitalier, collaborer avec les autres intervenants de l’aide médicale urgente et entretenir le matériel mis à disposition.
Le travail commence avant l’appel. Le secouriste-ambulancier assure l’entretien quotidien de l’ambulance, vérifie que l’inventaire est en ordre et reste en contact avec le responsable du matériel pour disposer à tout moment d’un stock suffisant.
Côté profil, la description de fonction publiée par la sécurité civile insiste sur l’autonomie: travail en équipe restreinte, capacité à réagir de manière dynamique et indépendante, empathie, attention particulière à l’hygiène et à la prévention médicale. S’y ajoute une bonne communication avec les patients, leurs proches et les autres professionnels de santé.
Les conditions de travail demandent une résistance physique et nerveuse réelle. Les prestations sont souvent irrégulières et incluent les nuits, les samedis, les dimanches et les jours fériés, avec des charges physiques et psychologiques possibles. La fonction de pompier, elle, s’exerce de deux façons: le professionnel exerce à titre principal et perçoit un salaire, le volontaire intervient en complément d’une autre activité, est engagé pour cinq ans renouvelables et est rémunéré en fonction de ses prestations.
La place du pompier-ambulancier dans l’aide médicale urgente
L’aide médicale urgente comprend la dispensation immédiate de secours appropriés, le transport vers un service hospitalier adéquat et l’accueil dans ce service. Tout part du 112, numéro européen d’appel d’urgence, où les appels sont triés avant la prise en charge par un ou plusieurs services.
L’ambulance AMU est composée de 2 ambulanciers titulaires du brevet de secouriste-ambulancier et reconnus par le SPF Santé publique. Elle intervient en premier et peut demander des renforts. Selon la gravité, la centrale engage aussi un SMUR ou des moyens techniques des services d’incendie. Le SMUR est une équipe hospitalière comprenant un médecin urgentiste et un infirmier SISU, dont la mission est de stabiliser le patient avant son transport. Entre les deux se situe le PIT, Paramedical Intervention Team, qui associe une ambulance et un infirmier spécialisé en soins d’urgence.
| Acteur / Rôle | Description |
|---|---|
| Centre 100/112 | Reçoit les appels, évalue les secours, dépêche ambulance, SMUR et moyens techniques. |
| Ambulance | Composée de 2 ambulanciers (brevet AMU), intervient en premier, transporte le patient, peut demander des renforts. |
| VIM (SMUR) | Équipe hospitalière (médecin urgentiste, infirmier SISU), dirige l’intervention sur place, demande des moyens supplémentaires si nécessaire. |
| Services incendie | Intervention pour désincarcération, évacuation par échelle, balisage, brancardage difficile. |
| DIR-MED | Médecin prioritaire pour situations exceptionnelles, agit comme Régulateur avancé. |
| PIT (Paramedical Intervention Team) | Projet expérimental: 1 infirmier SISU + 1 ambulancier, intervient en ambulance ou voiture. |
| COAMU | Commissions provinciales assurant la collaboration entre les acteurs locaux de l’AMU. |
| Conseil national des secours médicaux d’urgence | Formule des avis au ministre de la Santé sur l’organisation générale de l’AMU. |
| FAMU | Fonds d’aide pour les factures impayées, financé par assurances et État. |
L’activité ambulance est majoritairement assurée par le personnel, le matériel et les véhicules des zones de secours, mais le SPF Santé publique agrée aussi des services privés, hospitaliers ou de la Croix-Rouge pour les missions 112. À ne pas confondre avec le transport médico-sanitaire non urgent (TMS), qui relève des Régions et fait appel à un autre profil, l’ATNUP, ambulancier de transport non urgent de patients.

La formation de base de secouriste-ambulancier
C’est le cœur du parcours AMU. Selon le SPF Santé publique, la formation de base consiste en au moins 160 heures, fixées par l’arrêté royal du 13 février 1998, et se répartit entre une partie théorique et pratique d’au moins 132 heures et un stage d’au moins 40 heures auprès du SMUR-PIT et de l’ambulance. Elle est organisée plusieurs fois par an par les centres provinciaux de formation et de perfectionnement.
Première condition d’accès, souvent sous-estimée: le candidat doit être présenté par un service d’ambulances agréé 112. On ne s’inscrit donc pas librement à la formation de base, on y est envoyé par un service. Les modalités décrites à Bruxelles et à Liège prévoient également un âge compris entre 18 et 60 ans et un droit d’inscription de 79,33 euros.
Les formats varient selon le centre. Les sessions bruxelloises se donnent soit en semaine, à raison de quatre jours par semaine de 8h00 à 12h15 et de 13h00 à 16h00, soit le week-end en alternance avec le jeudi soir, étalées sur plusieurs mois. Des sessions francophones, néerlandophones ou germanophones sont organisées selon la région. Des dispenses sont possibles pour les infirmiers, et les titulaires du titre SISU peuvent prétendre à une dispense totale.
Examens, stage, brevet et badge 112
La présence aux cours est obligatoire: seuls les candidats affichant un taux de présence d’au moins 80 % peuvent présenter l’examen. Celui-ci comprend un examen écrit sur la théorie, qui compte pour un tiers du résultat final, et un examen oral sur la théorie et la pratique, qui compte pour deux tiers.
Le stage ne démarre qu’après ces épreuves. Il faut obtenir au moins 50 % par partie et 60 % au total pour y accéder. Le stage se compose de plusieurs interventions, dont le candidat rédige un rapport dans un carnet de stage personnel.
Une fois toutes les parties réussies, le brevet de secouriste-ambulancier est délivré pour 5 ans. À cela s’ajoute une obligation en service: le port d’un badge officiel délivré par le SPF Santé publique, qui sert d’identification dans l’aide médicale urgente. Pour obtenir un badge 112, il faut passer par le service 112 auquel on est rattaché, SMUR, PIT ou service ambulancier, qui introduit la demande auprès du SPF.
Formation permanente et maintien de l’agrément
Le brevet ne se garde pas passivement. Dès la réussite de la formation de base, le SPF Santé publique impose au moins 24 heures de formation continue par an, dont au moins 6 heures de théorie et au moins 12 heures de pratique. Ce recyclage annuel est organisé par les centres provinciaux pour l’ensemble des secouristes-ambulanciers agréés 112 de leur territoire.
La deuxième échéance est quinquennale. Pour conserver le brevet, il faut passer une évaluation de compétence tous les 5 ans, composée d’une épreuve de réanimation et d’un test pratique. Avant que cette évaluation puisse avoir lieu, il faut également pouvoir prouver 120 heures de formation continue. Autrement dit, la formation permanente fait partie intégrante du métier, au même titre que les interventions.
Devenir pompier: le CAF puis la formation incendie
Pour la filière pompier, tout commence par le CAF, Certificat d’aptitude fédéral, délivré par un centre de formation de la sécurité civile. Sans CAF, pas de candidature possible dans une zone de secours. Onze centres de formation pour la sécurité civile organisent les épreuves d’aptitude, et le candidat choisit librement la date et le centre.
Les épreuves du CAF comportent trois modules: des tests de compétences en logique et calcul, en langue, en orientation spatiale et en sciences, où il faut obtenir au moins 50 % pour passer au module suivant; un test d’habileté manuelle opérationnelle supposant des bases en plomberie, menuiserie et électricité; puis une série d’épreuves d’aptitude physique dont il faut réussir neuf des onze tests, les deux premiers, la course et l’échelle, étant éliminatoires.
Le CAF obtenu, le candidat postule auprès de la zone de son choix, qui assure ensuite le recrutement et la formation. La formation de base de sapeur-pompier représente 240 heures et couvre notamment la lutte contre l’incendie, la protection individuelle et les gestes qui sauvent, avec une instruction théorique et pratique pendant le stage. La Province de Liège précise que dans les services qui possèdent des ambulances, il faut en plus satisfaire à la formation théorique et pratique du brevet de secouriste-ambulancier en aide médicale urgente. C’est cette combinaison qui fait le pompier-ambulancier.
Bruxelles et le SIAMU: un cas à part

Le SIAMU, Service d’Incendie et d’Aide Médicale Urgente, est le service de pompiers de la Région de Bruxelles-Capitale. Selon Actiris, ses équipes effectuent jusqu’à 100 000 interventions par an, principalement pour de l’aide médicale urgente, et le service assure aussi des missions de prévention et de préparation. Les Pompiers de Bruxelles comptent plus de 1 000 membres: pompiers-ambulanciers, opérateurs 112, personnel administratif et technique.
Deux particularités méritent l’attention d’un candidat. D’abord, il n’y a à Bruxelles que des pompiers professionnels, sans statut de volontaire, contrairement à d’autres régions du pays. Ensuite, le rythme de travail: 24 heures de service d’affilée suivies de 72 heures de repos, toute l’année, week-ends et jours fériés compris. On y dort, travaille et mange avec ses collègues, ce qui relève autant du métier que du mode de vie.
Sur le plan statutaire, la fonction de pompier-ambulancier bruxellois correspond à l’échelle barémique D151 de la Région de Bruxelles-Capitale, avec une prime d’opérationnalité de 38 % et 35 jours de congé par an en plus des jours fériés légaux.
Le recrutement suit un enchaînement précis: obtention du CAF au Centre de Formation des Pompiers de Bruxelles, séance de présentation, tests de connaissance portant notamment sur la Région de Bruxelles-Capitale, quatre épreuves physiques réparties sur trois jours, entretien et test de personnalité, puis stage au sein du SIAMU. La formation de pompier au SIAMU intègre la formation d’ambulancier dispensée à l’IFAMU, la formation AMU étant par ailleurs proposée via le SIAMU ou la Croix-Rouge.
Candidater: les bons interlocuteurs et les étapes
Pour un poste d’ambulancier en zone de secours, la porte d’entrée est l’appel à recrutement. Le brevet AMU n’est pas nécessairement exigé au moment de la candidature, car la zone peut organiser la formation pour les candidats retenus. Les conditions fréquemment prévues sont la nationalité belge, d’un État européen ou de la Suisse, un âge minimum de 18 ans, une conduite compatible avec la fonction et le permis de conduire B.
Le concours décrit par une zone de secours comprend trois épreuves éliminatoires: une épreuve écrite portant sur la zone et son territoire, les interventions des services de secours, l’aide médicale urgente et l’organisation de la sécurité civile, avec 60 % requis pour accéder à l’épreuve physique; l’épreuve physique; puis une épreuve orale où 60 % sont également nécessaires pour être classé.
La différence avec la filière pompier est simple à retenir: le CAF est obligatoire pour candidater comme pompier, pas nécessairement pour candidater comme ambulancier non-pompier. Le portail pompier.be centralise les offres pour le personnel professionnel et volontaire, dont des postes de pompier-ambulancier et de secouriste-ambulancier. Côté formation, les Écoles Provinciales de Sécurité Civile regroupent souvent une École du Feu, qui organise aussi les épreuves du CAF, et un centre de formation et de perfectionnement AMU. Pour un projet bruxellois, les interlocuteurs à consulter sont les Pompiers de Bruxelles, le SIAMU, le CFPB et l’IFAMU.
Le type de contrat proposé dans les offres donne une idée de la stabilité du secteur. Voici la répartition relevée par Le Forem pour le métier d’ambulancier-secouriste en 2025.
| Type | Ce métier | Tous les métiers |
|---|---|---|
| Intérimaire avec option CDI | 8.2% | 44.9% |
| Intérimaire | 16.4% | 12.6% |
| Contrat à durée indéterminée | 51.6% | 25.3% |
| Contrat à durée déterminée | 18.8% | 10.5% |
| Autres contrats (Flexi-job, étudiant, journalier, etc. ) | 4.9% | 6.7% |
Prochaine étape concrète si le métier vous intéresse: identifiez la zone de secours de votre territoire, vérifiez son calendrier de recrutement, et contactez un service d’ambulances agréé 112 ou le centre provincial de formation AMU pour savoir comment être présenté à la prochaine session de formation de base.
Foire aux questions
Quel est le salaire d’un ambulancier d’urgence en Belgique?
Les sources officielles ne publient pas de montant national unique. Pour un ambulancier professionnel d’une zone de secours, la rémunération suit le barème Al-0 et l’ancienneté. À Bruxelles, le pompier-ambulancier relève de l’échelle D151 et bénéficie notamment d’une prime d’opérationnalité de 38 %.
Quel est le salaire moyen d’un ambulancier en Belgique?
Tout dépend du statut, de l’employeur, de l’ancienneté et de la région. Le réflexe le plus fiable est de vérifier le barème ou les conditions indiqués dans l’offre de la zone ou du service visé.
Quel est le salaire d’un pompier en Belgique?
La rémunération dépend du statut. Le pompier professionnel exerce à titre principal et reçoit un salaire, tandis que le volontaire intervient en complément d’une autre activité et est rémunéré selon ses prestations. Les montants doivent être vérifiés dans le statut ou l’offre de la zone concernée.
Quel est le salaire d’un pompier à Bruxelles?
La fonction de pompier-ambulancier bruxellois est statutaire et correspond à l’échelle barémique D151 de la Région de Bruxelles-Capitale. La page de recrutement mentionne une prime d’opérationnalité de 38 %, mais ne détaille pas le montant individuel complet selon l’ancienneté.
Comment devenir ambulancier 112 en Belgique?
Il faut être présenté par un service agréé 112, suivre la formation de base d’au moins 160 heures, réussir les examens, effectuer le stage d’au moins 40 heures auprès de l’ambulance et du SMUR ou du PIT, puis obtenir le brevet et le badge 112. Le badge est demandé au SPF Santé publique par le service auquel vous êtes rattaché.
C’est quoi l’aide médicale urgente en Belgique?
Elle organise la dispensation immédiate de secours appropriés, le transport vers un service hospitalier adéquat et l’accueil dans ce service. Le 112 coordonne les ambulances, tandis que le SMUR et le PIT interviennent en complément selon la gravité et les besoins médicaux.
Comment faire pour devenir pompier en Belgique?
La première étape est d’obtenir le Certificat d’aptitude fédéral dans un centre de formation de la sécurité civile, puis de postuler auprès d’une zone de secours. La sélection peut comprendre des tests cognitifs, des épreuves physiques, un entretien et un stage. Dans les services disposant d’ambulances, la formation AMU complémentaire est nécessaire.
Quel est le salaire d’un ambulancier au SAMU?
La Belgique n’a pas de SAMU organisé comme en France. Le secours médical urgent y repose sur les ambulances AMU, le SMUR et le PIT. La rémunération dépend donc du statut et du service belge employeur, pas d’un modèle français transposable.
Comment passer le BEPS en Belgique?
Le BEPS concerne surtout le transport médico-sanitaire non urgent et ne constitue pas la formation centrale du pompier-ambulancier AMU 112. Pour l’aide médicale urgente, le parcours de référence reste la formation de secouriste-ambulancier, le stage, l’examen, le brevet et le badge 112.


