Devenir pompier plongeur en Belgique ne se décide pas à l’entrée dans le métier. La plongée est une spécialisation que l’on ajoute après être devenu sapeur-pompier, une fois intégré dans une zone de secours. Le parcours se joue donc en deux temps: d’abord le Certificat d’aptitude fédéral (CAF) et la formation de base, ensuite les brevets de plongeur et l’entraînement continu qui permet de rester opérationnel.
Cet article détaille ce que fait concrètement un pompier plongeur, comment une équipe de plongée est composée, quelles formations sont exigées, et quelles étapes franchir si vous partez de zéro.
Une spécialisation qui vient après le métier de base

En Belgique, la plongée et le sauvetage aquatique font partie des spécialisations accessibles en cours de carrière, au même titre que la cynotechnie, le GRIMP ou les risques NRBC. Le pompier reste d’abord un généraliste: incendie, assistance technique, aide médicale urgente. La plongée s’ajoute à ce socle.
Le portail pompier.be présente d’ailleurs l’expertise en plongée comme l’une des tâches spécialisées que l’on peut choisir selon ses intérêts et le temps dont on dispose, aux côtés de la prévention incendie, du port de la tenue anti-gaz ou de l’instruction.
Cette logique de casquette supplémentaire est assumée par les zones elles-mêmes. Patrice Liétart, porte-parole de la Zone de secours Dinaphi, résume la réalité du terrain lors d’un exercice au barrage d’Anseremme:
« C’est ingrat de plonger en Meuse, qu’elle soit en crue ou pas en crue, avec ou sans visibilité, en plein mois de février où l’eau est à 1 degré… Donc, ces hommes sont tout à fait disponibles. Dans leurs zones de secours, c’est une casquette qu’ils prennent en plus de leur casquette de sapeur-pompier/ambulancier. »
Le métier de pompier-plongeur demande une formation spécifique, parce qu’il s’exerce dans des milieux hostiles dont les particularités ne sont pas toujours connues à l’avance. C’est une activité dangereuse qui repose sur une préparation solide.
Les missions du pompier plongeur
Le cœur du métier reste la recherche et le sauvetage de personnes en milieu aquatique et subaquatique: personnes tombées à l’eau, personnes menaçant de s’y jeter, accidents de bateau. Les équipes recherchent, sauvent ou évacuent des victimes sous l’eau à l’aide d’équipements subaquatiques spécialisés.
À côté du sauvetage, les plongeurs assurent des secours et des travaux techniques dans ou sur l’eau. Ils interviennent aussi pour détecter et évacuer des objets tombés à l’eau, des véhicules par exemple, en appui de la police et de la justice. La lutte contre la pollution complète le tableau.
Les recherches de personnes disparues occupent une part importante de l’activité. Toujours selon le porte-parole de la Zone de secours Dinaphi:
« Il n’est pas exceptionnel lorsque l’on est sur une recherche de personne disparue, et qu’on suspecte sa chute en Meuse, les barrages sont des lieux de prédilection dans lesquels on effectue les recherches. C’est pour cela qu’on organise ces exercices, afin que le jour venu, ils puissent le faire en toute sécurité. »
Le volume d’interventions réelles reste limité: la zone Dinaphi comptabilise une dizaine d’interventions de ce type par an. C’est précisément pour cette raison que l’entraînement est aussi encadré.
Une équipe, des rôles, des procédures

La plongée de secours n’est jamais une affaire individuelle, même quand un seul homme est dans l’eau. L’équipe de plongée des services d’incendie se compose au minimum d’un plongeur-sauveteur, d’un plongeur-secours, d’un chef des opérations de plongée prévu par l’arrêté royal du 23 décembre 2003, et d’un aide-plongeur par plongeur, soit un minimum de deux aides-plongeurs.
Les plongeurs exécutent les missions confiées par le chef de l’équipe de plongée et lui notifient systématiquement leurs découvertes. Si les circonstances l’imposent, le plongeur agit de sa propre initiative, sous la responsabilité du chef d’équipe. Sous l’eau, il travaille généralement seul.
La sécurité passe par le matériel et par la liaison avec la surface. Laurent Méan, pompier de la Zone Val de Sambre, décrit la mise en œuvre:
« La combinaison ici, elle se met assez rapidement. Il faut juste quelqu’un pour fermer la tirette. Notre matériel est prêt en permanence dans un véhicule d’intervention rapide. Le délai de préparation est relativement réduit parce que tout est prêt à l’avance. Maintenant, il y a toujours un minimum de check-matériel à faire et s’arrimer correctement, c’est-à-dire être encordé avec un collègue, pour pouvoir être en sécurité car, dans la majorité des cas, on plonge seul. »
La tenue complète pèse entre 25 et 30 kg, et elle doit souvent être enfilée dans l’urgence. Côté effectifs, la Zone de secours Val de Sambre indique disposer de neuf personnes titulaires du brevet module 2 de pompier-plongeur, auxquelles s’ajoutent deux plongeurs stagiaires.
Formation, brevets et maintien des compétences
Un arrêté ministériel encadre les conditions d’admission, la sélection, la réglementation et la formation des plongeurs des services publics de secours. On n’improvise donc pas plongeur opérationnel dans une zone de secours.
D’après les informations publiées sur l’unité plongeurs de la zone de secours NAGE, le parcours passe par deux brevets successifs, le module 1 puis le module 2, avant de pouvoir intégrer pleinement l’équipe zonale. Le module 2 correspond au niveau opérationnel que l’on retrouve dans les effectifs communiqués par d’autres zones.
Le maintien de la qualification est ensuite continu. Selon cette même source, un plongeur opérationnel doit réaliser au minimum 12 plongées de 2 heures par an. Les exercices interzonaux complètent cet entraînement: certains plongeurs sont eux-mêmes instructeurs à l’École provinciale de sécurité civile du Hainaut, l’école du feu, ce qui explique que des candidats pompiers-plongeurs du Hainaut et de la Zone Val de Sambre s’entraînent ensemble sur la Meuse.
Ce maintien de compétences s’inscrit dans le recyclage général des pompiers, composé de la formation continue et de la formation permanente. Le portail pompier.be indique qu’un pompier doit suivre au moins 120 heures de formation continue sur une période de cinq ans, et que la formation permanente organisée dans le poste ou la zone représente au minimum 24 heures par an.
Devenir pompier en Belgique avant de viser la plongée

Avant toute spécialisation, il faut le Certificat d’aptitude fédéral. La Zone de secours DG rappelle que le CAF s’obtient dans un centre de formation de la sécurité civile et qu’il doit être décroché avant de postuler dans la zone de son choix, que l’on vise le statut volontaire ou professionnel.
Selon Le Forem, le CAF comprend deux modules: un test de compétences et d’habileté manuelle, puis une série d’épreuves d’aptitude physique. Le Forem précise également que la partie physique du CAF est valable deux ans, alors que le certificat hors partie physique est à durée indéterminée. Autrement dit, si vous tardez à postuler, ce sont les épreuves physiques qu’il faudra repasser.
Les conditions générales portent notamment sur l’âge minimum, la nationalité admise, l’aptitude médicale et physique, et la réussite des épreuves de sélection. Le CAF n’est pas un examen à préparer au dernier moment: il suppose des compétences cognitives et techniques réelles et une condition physique déjà installée.
Vient ensuite la formation de base. La Zone de secours DG indique qu’elle dure 262 heures, réparties en deux parties et 11 modules, et qu’elle couvre l’ensemble du métier: lutte contre les incendies, premiers secours, assistance technique. C’est seulement après cette base que les portes des spécialisations, plongée comprise, s’ouvrent.
Statut, zone de secours et rémunération
La fonction se pratique de deux façons. Le pompier professionnel exerce à titre principal et est employé à temps plein par le service d’incendie. Le pompier volontaire exerce en complément de son activité professionnelle: selon la Province de Liège, il est engagé pour cinq ans, renouvelable, avec un statut particulier, et il est rémunéré en fonction de ses prestations.
La grille des grades est commune aux services d’incendie.
| Catégorie | Grades |
|---|---|
| Cadre de base | Sapeur·euse-pompier·ère – Caporal·e |
| Cadre moyen | Sergent·e · Adjudant·e |
| Cadre supérieur | Luitenant·e · Capitaine – Major·e – Colonel·le |
Sur la rémunération, aucune échelle chiffrée propre à la plongée n’est publiée. Elles indiquent que le personnel pompier d’un même grade perçoit la même rémunération quelle que soit la zone, tandis que le volontaire perçoit une indemnité liée à son grade et à ses prestations: gardes, interventions, exercices et formations. La spécialité plongeur ne constitue pas un statut salarial distinct.
Le poids du volontariat se lit dans les offres publiées. Le Forem relève la répartition suivante des régimes de travail proposés en 2025 pour le métier de sapeur-pompier.
| Type | Ce métier | Tous les métiers |
|---|---|---|
| Temps partiel | 97.6% | 15.0% |
| Temps plein | 2.4% | 85.0% |
La Belgique compte 34 zones de secours, auxquelles s’ajoutent les pompiers de Bruxelles, selon Le Forem. Les recrutements portent sur des postes de sapeurs-pompiers volontaires et professionnels, ainsi que sur des réserves de recrutement selon les zones et les grades. Toutes les zones ne disposent pas d’une unité de plongée: renseignez-vous sur les spécialités présentes dans la zone visée avant de candidater.
Les autres spécialisations ouvertes après la formation de base

La plongée n’est pas la seule voie. Trois autres spécialisations reviennent régulièrement dans les zones de secours belges.
Maître-chien et cynotechnie
La spécialisation de maître-chien suit le même principe: on devient d’abord sapeur-pompier, puis on suit la formation de spécialisation. Le travail se fait en binôme avec un chien de secours.
La Direction générale Sécurité civile indique que Rescue Dog Belgium remplit deux missions principales: la recherche de personnes ensevelies sous les décombres et la recherche de personnes disparues dans de vastes zones, la quête croisée. Lors d’un effondrement, ce sont les pompiers qui interviennent en premier et l’officier-pompier qui dirige les opérations peut faire appel aux équipes cynotechniques, lesquelles collaborent au besoin avec les équipes USAR (Urban Search and Rescue) de la Protection civile.
Selon la même source, Rescue Dog Belgium compte plus de vingt équipes accréditées par le SPF Intérieur, cinq instructeurs assurent leur formation permanente, et la procédure de rappel prévoit habituellement l’envoi d’au minimum deux équipes accompagnées d’un coordinateur. L’entraînement est hebdomadaire.
GRIMP et sauvetage en milieu périlleux
GRIMP signifie Groupe de Reconnaissance et d’Intervention en Milieu Périlleux. Selon la Province de Liège, cette spécialité permet d’intervenir dans les milieux naturels et artificiels où les moyens traditionnels des sapeurs-pompiers sont inadaptés, insuffisants ou dangereux, du fait de la hauteur, de la profondeur ou des risques liés au cheminement.
Les missions vont du sauvetage de parapentistes coincés dans les arbres au déblaiement après incendie, en passant par les éoliennes, pylônes de haute tension, barrages, grues, carrières et parcours de loisir extrême. Le sauvetage par cordes n’est mis en œuvre que par des sapeurs-pompiers disposant des compétences requises. La Zone de secours Val de Sambre fixe les moyens minimaux à une équipe de cinq sauveteurs par cordes: un chef d’équipe et quatre sauveteurs.
Un groupe de travail belge a comparé plusieurs méthodes pour préparer une formation uniforme. Maurice Levaux, du service d’incendie d’Aywaille et chef de file de ce groupe, explique:
« A l’heure actuelle, chacun dispose de bases différentes. Chacun utilise ses propres techniques et ce n’est pas toujours simple. Une équipe USAR (Urban Search and Rescue) peut ainsi être composée de membres de différentes provinces qui ont reçu chacun une formation différente. »
NRBC, CMIC et risques chimiques
La cellule mobile d’intervention chimique (CMIC) intervient lors de situations à caractère chimique ou radiologique nécessitant des compétences ou du matériel particuliers: fuite de produits chimiques en milieu industriel, accident impliquant un camion ADR. La Zone de secours Val de Sambre travaille ainsi en étroite collaboration avec un site SEVESO voisin.
L’équipe CMIC se compose de porteurs de tenue anti-gaz, de chefs d’équipe et d’un directeur CMIC. La formation de porteur de tenue anti-gaz (PTAG), reprise dans l’arrêté ministériel du 22 novembre 2004, totalise 30 heures selon cette même zone. Les substances dangereuses figurent aussi au programme de la formation continue en école du feu.
Le profil à préparer
Les qualités attendues d’un sapeur-pompier sont connues: réactivité, calme, maîtrise de soi, respect des règles, capacité d’analyse, bonne condition physique et aptitude au travail en groupe dans des conditions extrêmes. Les zones de secours mettent en avant le service public, le respect, le dévouement, le courage, l’exemplarité, l’altruisme et la solidarité.
Pour la plongée, ajoutez la disponibilité. C’est un engagement supplémentaire qui se superpose aux fonctions de pompier ou d’ambulancier, avec des sorties par eau froide, sans visibilité, et un quota d’entraînement à tenir toute l’année.
Prochain pas concret: identifiez le centre de formation de la sécurité civile qui organise les sessions CAF près de chez vous, préparez sérieusement les épreuves physiques, puis surveillez les appels à candidatures des zones de secours qui disposent d’une unité de plongée. La spécialisation viendra ensuite, une fois la formation de base validée.
Foire aux questions
Quel est le salaire d’un pompier plongeur en Belgique?
Aucun montant propre au pompier plongeur n’est publié. Elles précisent que le personnel pompier d’un même grade perçoit la même rémunération quelle que soit la zone, et que le volontaire reçoit une indemnité fonction de son grade et de ses prestations.
Quel est le salaire d’un pompier en Belgique?
Le montant dépend du statut et du grade. Un professionnel perçoit un salaire, un volontaire une indemnité liée à son grade, à ses gardes, interventions, exercices et formations. À grade égal, la rémunération est identique d’une zone à l’autre.
Comment faire pour devenir pompier en Belgique?
Il faut d’abord obtenir le Certificat d’aptitude fédéral (CAF), réussir ses modules et ses épreuves, puis postuler auprès d’une zone de secours. Vient ensuite la formation de base de pompier, préalable à toute spécialisation comme la plongée.
Quels sont les types de pompiers en Belgique?
Deux statuts principaux coexistent: le pompier professionnel, qui exerce à titre principal, et le pompier volontaire, qui exerce en complément d’une autre activité. Une fois pompier, on peut se spécialiser, notamment comme plongeur, maître-chien, membre du GRIMP ou intervenant NRBC.
Comment devenir maître-chien chez les pompiers?
On devient d’abord sapeur-pompier, puis on suit une formation de spécialisation maître-chien. Le travail s’effectue en binôme avec un chien de secours, pour la recherche en décombres ou de personnes disparues, avec un entraînement régulier.
Quel est le salaire d’un pompier cynophile?
Aucune rémunération distincte liée à la spécialité cynophile n’apparaît dans les sources. Le salaire dépend du statut et du grade; la spécialisation de maître-chien s’ajoute au parcours de pompier sans constituer un statut salarial séparé.
C’est quoi le GRIMP chez les pompiers?
GRIMP signifie Groupe de Reconnaissance et d’Intervention en Milieu Périlleux. C’est la spécialité de reconnaissance et de sauvetage dans les milieux naturels ou artificiels où les moyens classiques sont inadaptés, insuffisants ou dangereux.
Quel est le nouveau nom du GRIMP?
L’appellation en usage est GRIMP. Elles évoquent des travaux visant à uniformiser les techniques et la formation, mais ne mentionnent aucun nouveau nom officiel.
Qu’est-ce que la technique GRIMP?
Il s’agit des méthodes de reconnaissance et de sauvetage en milieu périlleux, notamment par cordes, employées lorsque les moyens pompiers classiques sont impossibles à utiliser ou dangereux. Seuls des sapeurs-pompiers disposant des compétences requises les mettent en œuvre.
Quel est le salaire d’un pompier du GRIMP?
Les sources ne fournissent pas de salaire spécifique au GRIMP. Comme pour la plongée ou la cynotechnie, il s’agit d’une spécialisation: la rémunération découle du statut et du grade du pompier.
Sources
- Domaines d’intervention – hlzdg.be
- Groupe de Reconnaissance et d’Intervention en Milieu Périlleux – provincedeliege.be
- Trouvez votre prochain défi – pompier.be
- Nos Missions – zonevaldesambre.be
- RESCUE DOG BELGIUM: les chiens de secours de la Sécurité civile – civieleveiligheid.be
- Unité Plongeurs – virginiegoncette.wixsite.com


