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Pompier au féminin : devenir pompière, épreuves et chiffres

Pompier au féminin : histoire, chiffres de la féminisation, épreuves à réussir et témoignages de pompières en Belgique. Guide complet.

Pompière en tenue d'intervention tenant son casque devant un camion de pompiers rouge.

Longtemps, le métier de pompier s'est conjugué au masculin. Ce n'est plus le cas. Le pompier au féminin n'a plus rien d'une exception : en Belgique, le corps des pompiers compte environ 17 000 membres, et bien que la féminisation soit en cours, la proportion de femmes reste encore limitée. En Belgique, la progression est plus lente, mais bien réelle.

Cette page fait le point sur la place des femmes chez les pompiers : ce que dit la langue, comment cette ouverture s'est construite, les chiffres actuels en Belgique, les épreuves à réussir et les parcours de celles qui ont ouvert la voie. Si vous pensez à ce métier, vous y trouverez aussi les voies d'accès concrètes.

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Pompière ou sapeuse-pompière : ce que dit la langue

L'usage du terme « pompière » s'est ancré depuis. En juin 2025, la Secrétaire d'État bruxelloise a annoncé la remise de leur diplôme à cinq femmes pompières, employant le mot sans détour dans un cadre institutionnel.

Ces parcours individuels se lisent aussi dans les chiffres.

Les chiffres de la féminisation en Belgique

Les effectifs des sapeurs-pompiers et le volontariat

En Belgique, le pays compte environ 17 000 pompiers (professionnels et volontaires), selon les données officielles du portail pompier.be. La grande majorité sont des volontaires. La majorité des effectifs en Belgique est constituée de pompiers volontaires.

En Belgique : une féminisation qui démarre

En Belgique, l'évolution de la mixité est progressive. À Bruxelles, le SIAMU (Service d'Incendie et d'Aide Médicale Urgente) réunit environ 1 100 membres. Avant la promotion de 2025, le corps ne comptait que 12 femmes, représentant moins de 1 % des effectifs opérationnels.

La promotion de juin 2025 a marqué un tournant. Cinq femmes ont obtenu leur diplôme de pompière au sein d'un groupe de 24 recrues. Avant cette promotion, le corps comptait 12 femmes ; après, elles sont 17, soit environ 1 % de l'effectif. Le tableau ci-dessous résume cette évolution.

Catégorie Avant Après
Nombre total de femmes dans le corps des pompiers 12 17
Promotion de recrues (en date du 20 juin 2025) 5 femmes sur 24 recrues
Pourcentage féminin du corps opérationnel (≈1.100 membres) <1 % 1 %

Ailleurs en Belgique, la situation reste très contrastée. À Liège, l'Intercommunale d'Incendie de Liège (IILE) ne comptait encore aucune femme dans ses rangs. Deux premières pompières sont attendues à la caserne Ransonnet courant 2026, après s'être classées 55e et 82e sur 470 candidats au concours de recrutement. Dans la zone Hemeco, Marie-Maëlle Pire, 34 ans, est la seule femme pompier opérationnelle, en poste à Huy. Quant à Alice Késenne, Liégeoise d'origine, elle exerce comme pompière professionnelle à Bruxelles.

Pompier franchissant une structure au-dessus de flammes lors d'un entraînement sur un parcours d'obstacles.

Les mêmes épreuves physiques pour toutes et tous

Pour intégrer un corps de pompiers, hommes et femmes passent les mêmes épreuves. Le Certificat d'Aptitude Fédéral (CAF) comprend des tests physiques qui constituent la principale barrière à l'entrée.

Les exemples ne manquent pas. À Bruxelles, les tests d'aptitude physique du CAF incluent notamment de franchir une poutre en hauteur en marche avant puis en marche arrière, ou encore de monter et descendre les 30 mètres de la grande échelle en moins de 2 minutes et 25 secondes. Le recrutement comprend aussi des évaluations médicales et une sélection rigoureuse, identiques pour tous les candidats.

Le principe affiché est clair. Du côté des pompiers de Liège, le message tient en une phrase : « Si elles réussissent les tests, elles seront les bienvenues ». L'égalité porte sur les critères, pas sur un traitement de faveur.

Cette exigence n'exclut pas des ajustements. Les barèmes peuvent être adaptés selon des normes physiologiques. À Bruxelles, la révision des tests s'est faite avec des experts en sport et en égalité des sexes, pour des épreuves jugées plus équitables et réalistes, dans le cadre d'un accord de coopération avec l'Institut pour l'Égalité des femmes et des hommes (IEFH).

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Lever les obstacles : équipement, casernes et recrutement

Tenue de pompier avec veste, casque rouge et gants d'intervention disposés sur un banc dans une caserne.

Un équipement enfin pensé pour elles

Pendant longtemps, rien n'était prévu pour les femmes, à commencer par la tenue. Le développement d'uniformes et d'équipements adaptés à la morphologie féminine, aux postures et aux mouvements des femmes, constitue un enjeu majeur pour l'intégration des pompières.

À Bruxelles, ces questions matérielles ont fait l'objet d'un chantier récent. La tenue opérationnelle a été ajustée à la morphologie féminine, et les casernes ont vu leurs installations sanitaires, vestiaires et salles de repos rénovés en priorité. Un déséquilibre financier a aussi pris fin : les pompières enceintes ne perdent plus leur prime opérationnelle. Un accord de coopération avec l'Institut pour l'Égalité des femmes et des hommes (IEFH) a été signé pour accompagner cette transformation.

Recruter autrement pour attirer les femmes

Le matériel ne suffit pas : encore faut-il donner envie de postuler. À Bruxelles, des campagnes ciblées ont été menées en 2022 et 2023, avec des affichages stratégiques et une présence directe dans des clubs de fitness, des associations socioculturelles et des organisations féminines. L'idée : aller chercher les candidates là où elles se trouvent.

Les freins identifiés étaient concrets. En commission parlementaire, le député Hicham Talhi pointait un site de recrutement peu inclusif, dont les photos ne montraient quasiment que des hommes, et des jurys de tests et d'entretiens composés exclusivement d'hommes. En réponse, le secrétaire d'État Pascal Smet a proposé un suivi de toutes les étapes de sélection, un groupe de travail dédié au prochain recrutement, une meilleure information sur la grossesse et les congés parentaux, et la présence systématique de femmes dans la communication.

Le tableau suivant récapitule les actions engagées à Bruxelles ces dernières années.

Domaine d'action Description
Recrutement ciblé (2022-2023) Campagnes (d'affichage) stratégiques et approche active via clubs de fitness, associations socioculturelles et organisations féminines
Adaptation de l'équipement Ajustement de la tenue opérationnelle à la morphologie féminine
Aménagements infrastructurels Modifications accélérées des installations sanitaires, vestiaires et salles de repos des casernes
Politique d'égalité et d'inclusion Fin du déséquilibre financier (pompières enceintes conservent leur prime opérationnelle) et accord de coopération avec l'Institut pour l'Égalité des femmes et des hommes
Tests physiques Approche scientifique avec experts en sport et égalité des sexes pour des tests plus équitables et réalistes

À Bruxelles, la promotion de la mixité s'appuie sur un accord de coopération avec l'Institut pour l'Égalité des femmes et des hommes (IEFH) pour accompagner la transformation du SIAMU.

Ce que les femmes apportent aux équipes

Au-delà de la question des effectifs, la présence de femmes change la manière de travailler. Les témoignages de terrain insistent sur la complémentarité plutôt que sur la comparaison.

La caporale Joëlle Mollet parle en ce sens : selon elle, les femmes sont « plus pondérées, plus réfléchies et plus structurées », un atout notamment face à une personne en crise psychologique, bipolaire ou schizophrène, où une approche posée aide à calmer la situation.

La morphologie peut elle aussi devenir un avantage. Marie-Maëlle Pire, seule pompière opérationnelle de sa zone, explique que sa petite taille lui sert dans certaines interventions, notamment pour accéder à des espaces exigus. Là encore, l'intérêt tient à la diversité des profils dans une équipe : elle permet de mieux répondre à la variété des situations rencontrées sur le terrain.

Jeunes cadets pompiers s'équipant de leurs tenues de protection dans une caserne lors d'une formation.

Les voies d'accès au métier

Plusieurs chemins mènent au métier, et tous sont ouverts aux femmes. Le plus exigeant est le concours de recrutement des sapeurs-pompiers professionnels, qui débouche sur un emploi à temps plein après réussite des épreuves.

Le volontariat constitue l'autre grande voie, et de loin la plus nombreuse. Le volontariat représente une part majeure des effectifs en Belgique. Pour s'y engager, il est nécessaire de contacter la zone de secours de sa région. C'est souvent la porte d'entrée la plus accessible.

Les plus jeunes disposent de filières dédiées. La formation de la relève commence tôt grâce à des programmes dédiés qui initient les jeunes aux techniques et aux valeurs du métier. En Belgique, la filière des jeunes sapeurs-pompiers joue un rôle comparable. Encadrés par les pompiers les mercredis après-midi et les samedis, les jeunes sapeurs-pompiers se préparent au concours dans de bonnes conditions. En 2016, on y comptait déjà 7 filles sur 70 jeunes sapeurs-pompiers.

L'engagement des femmes fait aussi l'objet d'actions de sensibilisation.

Foire aux questions

Est-ce qu'une femme peut devenir pompier ?

Oui, le métier de pompier est totalement ouvert aux femmes en Belgique : elles suivent le même parcours de recrutement (CAF), la même formation de base et exercent les mêmes fonctions opérationnelles que les hommes. Des barèmes de certaines épreuves physiques peuvent être adaptés le cas échéant, mais les critères de sélection restent identiques pour tous.

Les femmes doivent-elles passer les mêmes épreuves que les hommes pour devenir pompier ?

Oui, les femmes passent les mêmes trois modules du Certificat d'Aptitude Fédéral (CAF) que les hommes : test de compétences, test d'habileté manuelle opérationnelle et épreuves d'aptitude physique. Les barèmes des épreuves physiques peuvent être adaptés le cas échéant, mais les critères de sélection s'appliquent de façon identique à tous les candidats.

Quel est le taux de féminisation chez les pompiers en Belgique ?

Le taux de féminisation reste faible mais progresse : à Bruxelles, il est passé à environ 1% du corps opérationnel d'environ 1.100 membres en 2025 (17 femmes), contre moins d'1% (11 femmes pour 1122 hommes) en 2020. Certaines zones comme Liège ne comptaient encore aucune pompière avant l'arrivée annoncée de deux premières recrues en 2026.

Comment devenir pompier volontaire en tant que femme ?

Le parcours est identique à celui des hommes : réussir le Certificat d'Aptitude Fédéral (CAF) dans une école du feu, puis postuler auprès de la zone de secours de son choix. Les pompières volontaires combinent cet engagement avec leur activité professionnelle ou leurs études, dans la limite de 24 heures par semaine, et bénéficient d'une formation et d'une indemnité au même titre que leurs collègues masculins.

Est-il possible de devenir pompier à 40 ans ?

Oui, l'âge maximum pour devenir pompier volontaire est fixé à 65 ans, il n'y a donc pas d'obstacle lié à l'âge pour se présenter aux épreuves du CAF à 40 ans, à condition de satisfaire aux conditions médicales et physiques requises.

Quelles sont les épreuves physiques à réussir pour devenir pompier ou pompière ?

Les épreuves d'aptitude physique comportent onze tests dont il faut en réussir neuf, avec deux tests éliminatoires : le test de course et le test d'échelle. Parmi les exercices figurent aussi le franchissement d'une poutre en hauteur et la montée/descente de la grande échelle sur 30 mètres en moins de 2 minutes 25.

Qui est le référent mixité dans le service d'incendie et de secours ?

Les zones de secours et le SIAMU développent des dispositifs d'accompagnement à la mixité, avec un accord de coopération signé avec l'Institut pour l'Égalité des femmes et des hommes (IEFH) pour accompagner l'organisation inclusive du corps des pompiers de Bruxelles. Le détail du rôle exact de référent mixité varie selon les zones et n'est pas précisé de façon uniforme dans les sources disponibles.

Existe-t-il un parcours pour les jeunes filles intéressées dès l'adolescence ?

Oui, les jeunes peuvent rejoindre l'association des jeunes sapeurs-pompiers dès 12 ans pour découvrir les bases du métier, puis suivre la formation de cadet pompier entre 16 et 18 ans, qui exige la réussite des deux premiers modules du CAF. À Bruxelles, sur 70 cadets formés, 7 sont des filles, preuve d'un intérêt féminin croissant dès le plus jeune âge.

Quels sont les avantages du statut de pompier volontaire pour une femme ?

Le statut de pompier volontaire offre une formation professionnelle complète, une indemnité pour la formation et les interventions, l'intégration à une équipe solidaire et la reconnaissance de la population, tout en pouvant être combiné avec une activité professionnelle ou des études.

Sources

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