La question de la pension d’un pompier en Belgique n’a pas une réponse unique. Tout dépend du statut : un pompier professionnel statutaire relève du régime des fonctionnaires, avec une règle de calcul plus favorable liée à la lutte contre les incendies, tandis qu’un pompier volontaire ne se constitue pas de pension du service d’incendie par son engagement.
Cette distinction commande aussi le traitement fiscal des revenus, l’accès aux dispositifs de fin de carrière et les effets de la réforme des pensions annoncée pour les services actifs. Cet article fait le point sur ce qui est documenté par les sources officielles, et sur ce qui ne l’est pas.
Pompier professionnel ou volontaire : deux statuts, deux logiques financières

Les zones de secours emploient du personnel opérationnel, professionnel et volontaire, ainsi que du personnel administratif. La Direction générale Sécurité civile rappelle que les statuts administratif et statut pécuniaire des pompiers ont été uniformisés en 2015, afin de garantir un traitement identique pour un même grade, quelle que soit la zone.
Des différences importantes subsistent malgré cette uniformisation, principalement parce que le volontaire exerce une autre activité à titre principal. Les volontaires ne peuvent pas prétendre à certains congés ni à certains régimes spécifiques, notamment la réaffectation et la fin de carrière. En compensation de leur engagement, ils bénéficient d’une exonération fiscale et d’une exonération de cotisations de sécurité sociale sous conditions.
L’indemnité du pompier volontaire dépend de son grade. Elle rémunère les gardes, les interventions, les activités de prévention, les tâches administratives, les exercices et les formations. Ce n’est ni un salaire au sens classique ni une cotisation à un régime de pension propre au service d’incendie.
Côté fiscal, la circulaire commentant la loi du 17 février 2019 est claire : pour un pompier lié par un contrat de travail ou par un statut, les allocations, rémunérations et indemnités sont considérées comme des traitements ou salaires au sens des articles 27 et 28 du Code des impôts sur les revenus 1992. Elles entrent donc dans le revenu imposable global et suivent le barème progressif de l’impôt des personnes physiques.
Un dernier repère utile avant d’entrer dans le détail : la pension de retraite belge est fondée sur la carrière et repose sur trois régimes légaux, salarié, fonctionnaire et indépendant. C’est le régime auquel la personne a été affiliée qui détermine ses droits, pas l’uniforme qu’elle a porté.
Pension et rémunération du pompier professionnel statutaire
Le traitement et les allocations
Le traitement annuel d’un pompier professionnel dépend de trois éléments : le grade, l’ancienneté pécuniaire et le rang de l’échelle de traitement. Les tableaux des échelles figurent en annexe du statut pécuniaire, régi par l’arrêté royal du 19 avril 2014. Les conseils de zone peuvent fixer des avantages et indemnités supplémentaires, ce qui explique qu’il n’existe pas de montant unique valable partout.
Au traitement s’ajoutent plusieurs allocations prévues par le statut pécuniaire : allocation de foyer et de résidence, allocation de fin d’année et pécule de vacances, selon les conditions applicables aux fonctionnaires fédéraux. S’y ajoutent une prime d’opérationnalité, dont le montant dépend du grade et des heures prestées, une allocation pour fonction supérieure exercée pendant au moins 90 jours ininterrompus, et une allocation pour diplôme dont les conditions sont fixées par le conseil de zone. Pour les lieutenants et capitaines de la Protection civile, la prime d’opérationnalité prévue par l’arrêté royal relatif au statut pécuniaire s’élève à 28 %.
La règle de calcul plus favorable pour les services opérationnels
Le point central pour la pension : la Direction générale Sécurité civile indique que la pension des pompiers professionnels est calculée à raison de 1/50e par année de participation directe à la lutte contre les incendies, contre 1/60e pour les autres fonctionnaires. Ce tantième plus favorable reflète la pénibilité et le caractère opérationnel de la fonction.
Aucune source officielle ne publie de montant moyen en euros pour une pension de pompier. Le calcul dépend de la carrière individuelle, du salaire de référence et de la durée effective des services. Un pompier qui veut connaître son montant doit passer par un examen de son dossier personnel auprès du service de pension compétent.
Réforme des pensions : les pompiers parmi les services actifs
La réforme des pensions portée par le gouvernement De Wever vise à harmoniser le calcul des pensions et l’âge de départ des fonctionnaires. L’objectif annoncé est de soumettre ces derniers, en grande partie, aux mêmes conditions que les salariés du secteur privé et les indépendants.
Concrètement, l’accord d’été prévoit la suppression progressive du régime avantageux qui permettait de multiplier chaque année de carrière par un coefficient et d’obtenir la retraite après 40 années de service au lieu de 42. Le Soir et Sudinfo ont rapporté en juillet 2025 les contours de cette décision.
Une exception est toutefois maintenue pour les services actifs : pilotes, contrôleurs aériens, police, pompiers et enseignement, à l’exclusion de l’enseignement supérieur. Pour ces professions, le coefficient sera réduit progressivement à partir de 2027, à raison de 0,005 par an, pour atteindre 1,025 en 2032. Selon la presse nationale, ces professions pourront alors prendre une retraite anticipée après 41 années de carrière.
Il s’agit d’un régime transitoire décrit par la presse à partir de l’accord de gouvernement. L’effet chiffré sur le montant concret d’une pension individuelle n’a pas fait l’objet d’une publication officielle détaillée à ce stade, et les textes d’exécution restent à suivre.
Fin de carrière : tâches allégées, fonctions alternatives et congé préalable

Le régime de fin de carrière et la pension afférente s’appliquent uniquement au personnel professionnel, précise la Direction générale Sécurité civile. Les volontaires n’y ont pas accès, mais peuvent recevoir une allocation de reconnaissance en cas de démission honorable.
L’Union des Villes et Communes de Wallonie a pris position sur ce sujet en 2012. Elle soutenait alors le maintien à 60 ans de l’âge minimal d’accès à la pension, en raison du caractère physique du travail d’intervention pour les pompiers affectés à ces tâches. Cette position est datée et antérieure à la réforme de la sécurité civile.
Dans la même position, l’UVCW jugeait utile d’envisager la poursuite d’une carrière au sein des zones sur des tâche allégée ou des missions plus administratives, notamment à partir de 56 ans, selon les besoins de la zone et les compétences disponibles. Cette voie dépend donc des postes réellement ouverts, ce qui en limite la portée pratique.
L’organisation contestait en revanche le régime de congé préalable à la retraite tel qu’il était décrit : un traitement équivalent à 80 % du dernier salaire, primes comprises, sans prestation en contrepartie. Elle estimait cette mesure difficile à justifier lorsque d’autres tâches, notamment administratives, pouvaient être confiées à l’agent, et rappelait le coût pour les pouvoirs locaux.
Pompier volontaire : quelle pension après les années de service ?

C’est la question la plus fréquente, et la réponse est nette. Le volontaire ne bénéficie pas de la pension du service d’incendie : celle-ci est réservée au personnel professionnel. Les années de volontariat ne créent pas, à elles seules, un droit à la pension de pompier professionnel, qui reste liée à la nomination comme professionnel.
L’UVCW a d’ailleurs souligné, dans sa position sur une éventuelle pension mixte, qu’il faut distinguer les années de volontariat des années au cours desquelles le pompier a cotisé au système de pension de son employeur. Selon cette organisation, si les années de volontariat devaient compter pour une pension anticipée, cela ne serait admissible que dans le cadre d’une pension mixte, seule la quote-part correspondant aux années professionnelles étant à charge des caisses de pension des pouvoirs locaux.
Reste la règle générale des pensions belges, qui répond à la plupart des situations concrètes. Une personne qui a travaillé dans plusieurs régimes reçoit une pension de chacun d’eux, les différentes pensions étant versées sous la forme d’un paiement unique. Un volontaire qui exerce par ailleurs un emploi salarié se constitue donc des droits via ce régime, pas via son engagement dans la zone de secours.
Ne confondez pas indemnité et pension. L’indemnité rémunère des prestations ponctuelles et bénéficie d’un régime social et fiscal de faveur ; elle ne constitue pas une cotisation ouvrant un droit à pension de pompier professionnel.
Exonération fiscale des indemnités du pompier volontaire
Le 14 février 2019, le Parlement a approuvé la proposition de loi exonérant fiscalement les allocations touchées par les volontaires des zones de secours et de la Protection civile. Le SPF Intérieur indique que l’exonération est fixée à 6 120 € par an, montant applicable aux allocations payées ou attribuées à partir du 1er janvier 2019. Avant cette réforme, les pompiers volontaires, ambulancier volontaire et volontaires de la Protection civile exerçant une autre activité professionnelle à titre principal disposaient d’une exonération de 4 460 €.
La base légale est une modification de l’article 38 du Code des impôts sur les revenus. Le législateur a aligné le régime des volontaires sur celui de 6 120 € accordé aux salariés, indépendants ou pensionnés exerçant une activité complémentaire rémunérée pendant leur temps libre, dans le cadre du travail associatif, des services occasionnels entre citoyens ou de l’économie collaborative.
Au-delà du plafond, la logique est simple : seule la partie excédentaire est considérée comme un revenu professionnel et devient imposable. Le régime diffère donc fondamentalement de celui du professionnel, dont l’ensemble des allocations est traité comme un traitement ou un salaire soumis à l’impôt.
Cotisations sociales : prestations exceptionnelles et non exceptionnelles
Un régime spécial d’exclusion de la sécurité sociale s’applique, sur la base de l’article 17quater de l’arrêté royal du 28 novembre 1969, aux pompiers volontaires et ambulanciers volontaires d’une zone de secours, aux secouristes-ambulanciers brevetés d’un service d’ambulance agréé, ainsi qu’aux agents volontaires de la Protection civile.
Les indemnités versées pour des prestations exceptionnelles sont toujours exonérées de cotisations de sécurité sociale, quel que soit leur montant. Ces prestations exceptionnelles couvrent notamment les missions de sécurité civile, les prestations d’aide médicale urgente et certaines gardes en caserne ou à un poste 112.
Pour les prestations non exceptionnelles, l’ONSS fixe un plafond trimestriel de 1.602,50 EUR non indexé. Le montant indexé évolue au fil des trimestres.
| Période | Montant indexé EUR |
|---|---|
| 1er trimestre 2024 | 1.700,57 |
| 3ème trimestre 2024 | 1.734,55 |
| 2ème trimestre 2025 | 1.769,32 |
| À partir du 3ème trimestre 2026 | 1.840,79 |
Le dépassement du plafond a une conséquence lourde qu’il faut bien mesurer. Lorsque le plafond est dépassé, les cotisations personnelles et patronales sont dues sur le montant total des indemnités pour prestations non exceptionnelles, et pas uniquement sur la partie qui excède le plafond.
Attention enfin à ne pas mélanger les deux mécanismes. Le plafond fiscal de 6 120 € est annuel et concerne l’impôt des personnes physiques ; le plafond de 1.840,79 € est trimestriel et concerne les cotisations de sécurité sociale. Ce sont deux régimes distincts, avec des périodicités et des autorités différentes.
Réforme annoncée : vers une exonération de 18 000 € en 2027 ?
Une proposition de loi déposée à la Chambre le 26 mars 2025, et prise en considération le 3 avril 2025, vise à relever à 18.000 € par an le plafond d’exonération fiscale et le plafond d’exonération des cotisations de sécurité sociale applicables aux indemnités des pompiers et ambulanciers volontaires d’une zone de secours. Le document parlementaire 56K0816 en porte le texte, signé par Benoît Piedboeuf, Mathieu Michel, Catherine Delcourt et Victoria Vandeberg.
L’exposé du texte justifie la mesure par un constat : les volontaires, qui relèvent du secteur privé et non du statut d’agent de l’État, disposent d’un régime moins attractif que celui des bénéficiaires des flexi-jobs, dont le plafond d’exonération fiscale et parafiscale est plus élevé. L’objectif affiché est d’aligner le régime des volontaires sur celui des flexi-jobs, conformément à l’accord de gouvernement, et de simplifier les règles applicables.
« Les missions de ces hommes et femmes sont inestimables. Il était donc naturel et nécessaire que leur engagement soit reconnu à la hauteur des bénéfices qu’ils apportent à notre société. En 2019 déjà, ma première proposition de loi portait l’avantage fiscal à 6.000€. Nous voulons tripler cet effort désormais ! Leur statut fiscal sera enfin aligné sur celui des autres travailleurs bénéficiant de flexi-jobs. Cette proposition de loi supprimerait en outre de nombreuses lourdeurs administratives et offrirait un cadre plus simple et attractif. »
— Benoît Piedboeuf
Un point mérite d’être souligné : le texte prévoit une entrée en vigueur à partir de l’exercice d’imposition 2027, mais il s’agit d’une proposition de loi, pas d’une règle en vigueur. Tant que son adoption n’est pas confirmée, le plafond fiscal applicable reste celui de 6 120 €, et le plafond social celui publié par l’ONSS pour le trimestre concerné.
Ce qu’il faut retenir et par où commencer
Trois notions financières coexistent chez les pompiers belges et ne doivent jamais être confondues : le traitement du professionnel, l’indemnité du volontaire et la pension. Elles ne relèvent pas du même régime, ne se cumulent pas automatiquement et ne produisent pas les mêmes droits.
Si vous êtes pompier professionnel statutaire, la démarche concrète consiste à vérifier votre grade, votre ancienneté pécuniaire et le nombre d’années de participation directe à la lutte contre les incendies, puisque c’est ce dernier élément qui déclenche le calcul en 1/50e. Suivez ensuite l’application effective du régime transitoire des services actifs à partir de 2027.
Si vous êtes volontaire, la priorité est ailleurs : surveiller votre plafond fiscal annuel de 6 120 €, contrôler chaque trimestre le plafond social applicable aux prestations non exceptionnelles, et examiner vos droits à pension au regard du régime auquel vous êtes affilié via votre activité principale. Le service de pension et votre zone de secours restent les interlocuteurs pour un chiffrage individuel.
Foire aux questions
Quel est le montant de la retraite d’un pompier en Belgique ?
Il n’existe pas de montant unique applicable à tous les pompiers. La pension dépend du statut, de la carrière et des règles de calcul propres au professionnel statutaire, avec le tantième de 1/50e pour les années de participation directe à la lutte contre les incendies. Aucun montant en euros ne peut être avancé sans examen d’un dossier individuel. Pour un pompier volontaire, le statut ne crée pas de pension du service d’incendie.
Quel est le salaire d’un pompier belge, notamment en fin de carrière ?
Il n’existe pas de salaire unique, ni de montant précis de fin de carrière publié. Pour un pompier professionnel, le traitement dépend du grade, de l’ancienneté pécuniaire et du rang de l’échelle de traitement, avec des allocations qui peuvent s’y ajouter. Mieux vaut consulter le statut pécuniaire et sa situation individuelle qu’un chiffre général circulant sans source.
Quel est le montant de la pension d’un fonctionnaire en Belgique ?
La Belgique ne prévoit pas de montant forfaitaire identique pour tous les fonctionnaires. La pension de retraite est liée à la carrière et au régime concerné. Une personne ayant travaillé dans plusieurs régimes légaux reçoit une pension de chacun d’eux, l’ensemble étant versé sous la forme d’un paiement unique.
Quels sont les avantages financiers d’un pompier en Belgique ?
Pour le professionnel, les revenus comprennent le traitement lié au grade et à l’ancienneté ainsi que les allocations prévues par le statut pécuniaire : foyer et résidence, fin d’année, pécule de vacances, prime d’opérationnalité, fonction supérieure, diplôme. Pour le volontaire, l’avantage central est l’indemnité liée aux prestations, assortie d’une exonération fiscale partielle et d’un régime d’exonération de cotisations sociales sous conditions. Ces avantages ne constituent pas une pension de pompier professionnel.
Quelle est la retraite d’un pompier volontaire et ses années comptent-elles pour la pension ?
Le pompier volontaire ne bénéficie pas de la pension du service d’incendie, réservée au personnel professionnel. Les années de volontariat ne confèrent pas à elles seules un droit à cette pension. En cas de carrière dans plusieurs régimes, les droits s’examinent régime par régime, selon l’affiliation réelle de la personne.
Quel est le montant de l’indemnité d’un pompier volontaire et comment est-il indemnisé ?
Aucun montant uniforme en euros n’est publié. L’indemnité dépend du grade et rémunère les gardes, les interventions, les activités de prévention, les tâches administratives, les exercices et les formations. Le montant concret se trouve dans le statut pécuniaire et dans les règles propres à la zone de secours concernée.
Quelle est l’exonération fiscale pour les pompiers volontaires en Belgique en 2026 ?
Le plafond fiscal documenté est de 6 120 € pour les allocations des volontaires, applicable aux montants payés ou attribués depuis le 1er janvier 2019. Aucun nouveau montant fiscal indexé spécifique à 2026 n’a été publié pour les pompiers volontaires. Ne confondez pas ce plafond fiscal annuel avec le plafond social trimestriel de 1.840,79 € applicable à certaines prestations non exceptionnelles à partir du troisième trimestre 2026.
Les indemnités des sapeurs-pompiers volontaires sont-elles imposables ?
Elles bénéficient d’une exonération jusqu’au plafond applicable. La partie qui dépasse ce plafond est considérée comme un revenu professionnel et devient imposable. Cette règle vise les volontaires : les allocations du pompier professionnel sont, elles, traitées comme des traitements ou salaires soumis à l’impôt des personnes physiques.
Le plafond d’exonération de 18 000 € pour les pompiers volontaires est-il déjà applicable ?
Non. Les 18 000 € figurent dans une proposition de loi déposée à la Chambre en 2025, qui vise les indemnités fiscales et sociales des pompiers et ambulanciers volontaires. Le texte prévoit une entrée en vigueur à partir de l’exercice d’imposition 2027, mais il faut vérifier son adoption avant de la présenter comme une règle en vigueur.
Sources
- Fin de carrière des pompiers: l’Union alerte le Gouvernement quant au coût des m – uvcw.be
- Pompier·ère volontaire – pompier.be
- Instructions administratives ONSS – socialsecurity.be
- A propos du personnel – civieleveiligheid.be
- 6120 € d’exonération fiscale pour les volontaires des zones de secours et de la – ibz.be
- Exonération des cotisations de sécurité sociale pour les ambulanciers volontaire – news.belgium.be



